Vous avez déjà palpé un sein de femme ?




Vous avez déjà palpé un sein de femme, mon lecteur ? Si je vous demande ça, c'est pour compléter ce que je disais l'autre fois sur la démarche descendante de la racine. Qu'est-ce qu'on attend d'un beau sein ? Qu'il soit ferme et souple, comme dirait Péguy, plutôt que raide ou mou. Les seins de glace, non merci. Mais un sein trop mou, c'est pas mieux. Faut quand même qu'il se relève un peu. Pareil pour les fesses de nos douces compagnes : faut pas qu'elle s'affaissent. Faut qu'elles rebondissent !

Vous me trouvez trop machiste, mes lectrices ? Je le veux bien. Alors, prenons carrément le sexe masculin et c'est bien la même chose. Oui, c'est de l'érection dont je veux parler et je ne vois pas de meilleure formule à son sujet que celle d'Allan Bloom qui disait : "Le phallus se dresse devant la beauté et se rétracte devant le squelette." Il ajoutait : "C'est la meilleure preuve de l'existence de Dieu." Inutile d'insister : la vie, la vitalité, la vigueur, la santé, la jeunesse défient la loi de la pesanteur et pointent vers le ciel. Les arbres et tous les végétaux sont là pour nous le confirmer. Était-ce donc une sottise de défendre la démarche descendante comme je l'ai fait la dernière fois ? Et de faire l'éloge de la racine qui s'enfonce dans la terre ? Poser la question, c'est y répondre : il n'y a pas de conflit entre la racine qui descend et la branche qui monte : la première nourrit la seconde et réciproquement.

- Comment ça réciproquement ? La sève monte de la racine vers la cime de l'arbre. Elle ne redescend jamais. Ce n'est pas comme la circulation du sang, ça ne fait pas un circuit !

- Vous me décevez, mon lecteur ! Je vous croyais plus malin que ça ! Vous savez bien que la terre mère, celle, qui est en profondeur, est complètement stérile. Elle est bien mal nommée, d'ailleurs, et cela me choque. Vous savez bien que c'est l'humus, en surface, qui nourrit la racine. On peut dire que l'arbre mange la terre. Mais la terre, elle, que mange-t-elle ? Eh bien, elle mange les dépouilles de tous les êtres vivants qui se sont fondus en elle au fur et à mesure des générations. Bref, les feuilles nourrissent la terre autant que la terre nourrit les feuilles. Pas d'opposition : vous voyez que ça fait un circuit !

C'est pareil pour les grandes œuvres des hommes. Les grands artistes et les grands penseurs éclairent l'humanité mais ils ne se sont pas faits tout seuls : ils n'ont fait que disposer à leur façon le patrimoine de l'humanité qu'ils ont reçu en héritage. Là aussi, ça fait un cercle.

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