Vous êtes plutôt clitoris ou plutôt vagin ?



Le Monde des Livres consacre sa une et deux pleines pages à la correspondance de Freud avec Marie Bonaparte, son analysante, comme un événement majeur de la pensée européenne. En plein XXI ° siècle, le grand quotidien offre chaque mois des pages entières à la grande prêtresse de ce culte, Élisabeth Roudinesco.

On apprend que la Princesse Bonaparte, arrière-petit-nièce de Napoléon et introductrice de la psychanalyse en France, était frigide et nymphomane. Elle avait donc besoin d’une bonne psychanalyse.

Convaincue que le vagin seul était capable de provoquer des orgasmes, elle se fit opérer plusieurs fois afin de rapprocher son clitoris de son vagin par un certain Docteur von Halba, lequel ne manqua pas d’essayer le nouveau vagin, une fois la chose faite.

Comme elle avait de terribles problèmes avec son fils et que celui-ci se plaignait d’un complexe Œdipe mal surmonté, MB crut de son devoir de passer une nuit avec lui.

Sa belle-sœur a-t-elle rêvé d’une relation sexuelle avec un âne affublé d’un immense pénis ? Marie se proposa de venir mesurer son vagin et réussit à lui provoquer un orgasme complet sans toucher au clitoris. Elle-même faisait à Freud un compte-rendu détaillé de ses relations sexuelles, de ses masturbations et des cotes de ses organes génitaux. Freud interpréta son hospitalisation pour délire mystique comme la dernière possibilité « d’accéder au pénis ».

Je sais ce que vous pensez, mon lecteur plein d’exigence : quelle mouche a piqué Bruno de s’abaisser à de telles billevesées ?

Réponse : l’objet de ce billet n’est pas la correspondance de Freud, c’est l’importance qu’accorde à ces sornettes le grand quotidien qui fait autorité dans le monde entier. « Magnifique relation épistolaire, » s’extasie Élisabeth Roudinesco, « épistolière de génie d’une subtilité éblouissante » « morceau d’anthologie digne de figurer dans l’histoire des femmes ».

Pendant qu’on occupe le terrain avec ces absurdités, on oublie les choses sérieuses, tous les psychanalystes qui ont fait dissidence depuis 1911, Adler, Diel, l’école de Palo Alto et bien d’autres continuateurs des psychanalystes jansénistes. Pendant qu’on amuse la galerie avec le clitoris et le pénis de l’âne, le ressentiment prospère dans nos inconscients. Et c’est lui qui est à l’origine de la plupart de nos vices, comme ceux de Poutine et des islamistes, et ceux qui nourrissent nos querelles de famille et de voisinage...


Photo : vu à Arles par Romain Urhausen, je ne suis pas sûr...

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