Vous êtes de droite ou de gauche ?



Au XIX° siècle, la nation, c'était la souveraineté du peuple, les droits de l'homme et la Révolution contre les monarchies. Maintenant la nation est passée à droite. Une fois, dans le bus 93, j'ai vu un homme qui avait cousu un drapeau tricolore sur son dos. Je m'suis dit : ça doit être un fasciste !

Quand Giono vantait, la nature, la terre, les bêtes, la vie simple, sans machines et sans pesticides, Aragon et la gauche disaient qu'il était réac, pétainiste, moisi. Maintenant l'écologie est à gauche. En Mai 68, on disait que la fête des mères était une invention de Pétain, que souhaiter les anniversaires en famille, c'était ringard, que la famille-je-vous-hais était le lieu de la répression sexuelle et qu'il fallait jouir sans entrave, d'où la justification de la pédophilie par la plupart des intellectuels ayant pignon sur rue. Maintenant, la pudeur et passée à gauche. T'as intérêt à regarder la pointe de tes souliers dans l'ascenseur plutôt que le décolleté ou la minijupe de la fille qui est face à toi.

Alors la nation, la nature et la pudeur auraient changé de bord ? Bien sûr que non ! C'est nos idées qui ont changé de bord. Mais c'est quand qu'on avait raison ? Avant ou maintenant ? Les idées anciennes étaient fausses, puisqu'on les a corrigées : ça fait trois idées fausses, la nation, la nature et la famille. Mais comme demain, on dira encore autre chose, ça en fait six d'idées fausses !

Mais alors, si toutes les idées sont fausses, il faut carrément arrêter d'avoir des idées et devenir complètement septique ? Absolument pas ! Vous voyez pas que c'est les moutons de Panurge qu'il faut éviter, la pensée toute faite servie chaque matin par les médias avec la pub. Tâchons de prendre du recul et de faire la critique de la critique. Je prends encore un exemple. Je sais pas si vous êtes de droite ou de gauche, mon lecteur. On dira que si vous êtes de droite c'est que vous avez un petit faible pour la liberté et que si vous êtes de gauche, c'est que vous avez un petit ou même un gros faible pour l'égalité. Voilà au moins qui est clair. C'est clair dans le domaine social : à droite on n'aime pas les règles, à gauche, on les réclame. Seulement au plan moral, c'est le contraire. C'est la droite qui s'accroche aux règles (avortement, mariage, euthanasie, pédagogie, etc.) et c'est la gauche qui casse les règles. Si bien que tout le monde vit dans la contradiction. La droite aime les règles en morale mais pas en économie. La gauche aime les règles en économie mais pas en morale. C'est pourtant de l'homme qu'il s'agit dans tous les cas. Est-il assez raisonnable, cet homme, pour qu'on lui fasse confiance ? Ou est-ce un méchant fou qu'il faut absolument contrôler ? Il faudrait savoir...

Je vous laisse méditer ce paradoxe.

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