Une visite au château d'If


Hier, on a pris la navette avec tous les enfants, et avant de se baigner au Frioul et de déguster une pizza sur le port, on a visité le Château d'If. Quelle merveille ! Où voit-on une architecture aussi pure ? Et des matériaux aussi nobles : pierre, terre cuite, bois et métal ?

Métal pour les barreaux et les serrures.

Le Masque de fer y fut, ainsi que le capitaine du Grand-Saint-Antoine qui apporta la peste à Marseille, le comte Mirabeau, le marquis de Sade. Ça, c'est dans les belles cellules du premier, les "pistoles" (hé, hé...) avec vue sur la mer et cheminée.

En bas, les cachots et les oubliettes. Que de martyrs y furent entassés et y ont fini leurs jours ! Je ne sais quel hérétique fut l'abbé Valère enfermé dans le cachot réservé aux condamnés à mort et qui fut brûlé vif. 3500 protestants y séjournèrent après la révocation de l'Édit de Nantes avant d'aller finir leur vie sur les galères.

Au XIX° siècle, les républicains remplacèrent les protestants. Certains, d'ailleurs, étaient protestants. Blanqui y séjourna et Gaston Crémieux, y passa avant de d'être fusillé.

Cet avocat des pauvres mit ses compétences juridiques au service d'associations ouvrières permettant de distribuer des subsides aux chômeurs, participa à la création d'écoles réservées aux adultes le soir, s'épuisa à soigner les malades du choléra en 1865.

Dirigeant de la Commune de Marseille, il mit tous ses efforts à modérer les plus fanatiques. Il défendit le drapeau tricolore contre le drapeau rouge : ce fut le drapeau noir qui l'emporta.

Si ce ne fut pas Thiers qui le fit condamner, il ne s'y opposa pas. Le 30 novembre 1871, à 7 heures du matin, il fut fusillé dans les jardins du Pharo, donnant lui même l'ordre du feu.

L'immense émotion que provoqua sa mort n'est pas encore retombée.

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