Pour une militarisation de l’enseignement



Incroyable ! Ce matin, je mets Questions d’islam sur France Cul. J’apprends que la France avait laissé en Tunisie le meilleur système d’enseignement de ses colonies, d’où la qualité de ses élites et autres, et que, depuis dix ans, les islamistes s’emploient à casser ce système. Ils ont déjà fait sortir de l’école un million d’élèves. Et le plus fort, c’est que c’est un peu la même chose en France avec la concurrence de la mosquée, financement du Quatar à l’appui. Et c’est l’émission musulmane qui réclamait le rétablissement de l’esprit républicain à l’école ! Mais pas besoin de l’islam pour casser l’école. Sylvain racontait à Sabine que les filles passaient leur coups de fil pendant le cours de philo en exhibant leur nombril et Faustine disait qu’elle n’avait pas prononcé un mot d’espagnol pendant un an en classe d’espagnol et que la prof passait son temps à additionner les minutes de retenue. Que faire ? Je souhaite bonne chance à Pap Ndiaye, mais, à mon avis, il n’a aucune chance. Il en va de l’avenir de notre pays et, au point où on en est arrivé, je ne vois de sortie de crise que dans une militarisation de l’enseignement.

Peu importe que les écoles de Marseille et d’ailleurs soient délabrées et que Macron donne des milliards. La question n’est pas là. On commencera par revêtir les élèves de beaux uniformes comme dans la majorité des autres pays, avec signes de reconnaissance par niveaux et classes. Pas de baskets pour les morveux de collège ni de sacs à main pour les mijaurées de Terminale. On dit Bonjour professeur, on salue en entrant en classe et on se déchausse comme à la mosquée. Le soir, on récure la salle.

La moitié des profs sont nuls ? C’est que l’université les a mal formés ou pas formés du tout. C’est pas grave. On n’a qu’à fabriquer des pense-bêtes pour les profs, qu’ils feront répéter aux élèves comme des perroquets, des listes de vocabulaire et de verbes irréguliers en langues vivantes, des beaux théorèmes en math et en physique, on fera des joutes de déclinaisons latines et de calcul mental comme chez les jésuites.

En histoire-géo, on oubliera les dinosaures et les hommes préhistoriques. On fera apprendre par cœur les dates et les capitales du monde, les départements, les fleuves et les montagnes. Pour le reste, on verra après…

Tout ça à un rythme soutenu pendant deux heures par jour maxi avec des alternances. Sport et musique le reste du temps.

Et pour la philo, me direz-vous ? La philo, c’est la grande mascarade en lycée depuis longtemps. La terreur et la moquerie des potaches alors que ça devrait être une révélation. Les disserts de bac sont une farce. Il paraît qu’il y a une prof à Marseille qui fait un tabac en cassant tous les protocoles : à pister…

Et pour la littérature, l’âme de notre nation ? C’est le plus simple. Il suffit de court-circuiter le bavardage professoral en donnant directement la parole aux grands auteurs. Y a qu’à fabriquer un manuel avec 100 textes canon d’Homère à Houellebecq que les élèves réciteront en montant sur l’estrade avec un nœud papillon en commençant par Le Corbeau et le renard, Mignonne allons voir si la rose et Le petit poucet jusqu’à Proust. Comme ça, pas besoin de former les formateurs, puisqu’on ne sait plus le faire. Il suffit de leur apprendre, à chanter et à faire chanter en chœur, à instituer des protocoles et à corriger des QCM.

Et c’est qui qui va les faire, ces manuels révolutionnaires ? On va organiser un grand concours d’où seront exclus tous les pédagogues professionnels. Pour la littérature, y a pas d’souci : je m’en charge.


Photo : notre voyage au Sénégal en 2018.

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