Montaigne et l'amour




Chose promise, chose due. Nancy me demande quel était le vin préféré de Montaigne. La réponse est dans la dernière des citations que voici. Il s’agit d’un petit recueil concernant sa passion préférée qui n’est pas le vin, mais le sexe féminin. À vous de juger si c’est bien correct. N'oubliez pas que nous sommes fin 16°.


- Elles ont tort de nous accueillir de ces contenances mineuses qui nous éteignent en nous allumant. On a raison de remarquer l’indocile liberté de ce membre s’ingérant si importunément quand nous n’en avons que faire et défaillant lorsque nous en avons le plus affaire. (I, 26)

- Le mariage est un marché qui n’a que l’entrée qui soit libre. La capacité ordinaire des femmes n’est pas de nature à répondre aux rapports d’amitié. Sans cela, si les corps aussi avaient part à l’union, l’homme étant engagé tout entier, l’union en serait plus pleine et plus complète. Mais ce sexe n’a pu encore y arriver. (I, 28)

- Au lit, je mets la beauté avant la bonté. (I, 28)

- C’est une liaison sainte que le mariage : le plaisir qu’on en tire doit être un plaisir retenu et mêlé de quelque sévérité. (I, 30)

- Quand vous avez échoué dans votre entreprise auprès de la dame de vos pensées, ça ne veut pas dire que le muletier n’a pas eu son heure. (II, 1)

- Le viol est indigne de la douceur françoise (II, 3)

- La difficulté donne du prix aux choses. À quoi servent cette pudeur virginale, cette mine sévère si ce n’est à accroître la volonté de vaincre ? (II, 15)

- Nous faisons bien de cacher notre corps peu désirable mais ce serait sacrilège d’englober dans ces considérations les divines, surnaturelles et extraordinaires beautés que l’on voit parfois reluire parmi nous comme des astres sous un voile corporel et terrestre. (II, 12)

- S’il fallait choisir, je préfère chez les femmes la beauté du corps à celle de l’esprit. (III, 3)

- Je me fis amoureux pour me divertir de la mort de la Boétie. (III, 4)

- Il faut retrousser ce sot haillon qui recouvre notre conduite. On envoie sa conscience au bordel et on garde son comportement extérieur en règle. (III, 5)

- Qu’a fait aux hommes l’acte génital, qui est si naturel, si nécessaire et si légitime, pour que nous n’osions en appeler sans honte. Nous disons à haute voix tuer, dérober, trahir et cet acte-là nous n’osons le nommer qu’entre les dents. (III, 5)

- On ne se marie pas pour soi, mais pour la postérité et sa famille.

- Ne pas chatouiller sa femme trop lascivement, s’offrir à intervalles importants.

- Épouser sa maîtresse, c’est chier dans le panier et se me mettre sur la tête, dit le dicton.

- Héroïsme des femmes à conserver leur pucelage au milieu de 1000 sollicitations.

- Abjection des hommes à table, ingrats, bavards et volages à ravager ces tendres beautés.

- Oh le formidable avantage que le moment favorable !

- L’amour serait un sot plaisir si on ne le faisait pas valoir par l’imagination et par la raréfaction. Chair de porc que la sauce assaisonne.

- Vénus n’est que le plaisir de décharger ses vases.

- Les femmes doivent se faire désirer pour prolonger et aviver notre plaisir.

- L’amour me rendrait la jeunesse, me détournerait de mille pensées mélancoliques, il réchaufferait ce sang que la nature abandonne, soutiendrait le menton de ce pauvre homme qui va à grande vitesse à sa ruine. Mais notre goût est devenu plus difficile et plus tendre. Nous demandons plus alors que nous apportons moins.

- L’amour est un commerce qui a besoin de réciprocité. Il ne se paie que d’une monnaie de même espèce. C’est une âme vile qui veut recevoir du plaisir sans en donner.

- Que ne prend-il envie à quelque femme de faire ce noble échange socratique du corps contre l’esprit en achetant au prix de ses cuisses une union philosophique et spirituelle. III, 5

- Qui n’a pas couché avec la boiteuse ne connaît pas Vénus dans toute sa douceur. III, 11

- Je suis fâché par la laideur de Socrate. Je ne puis dire combien j’aime la beauté. Je suis ému par Phryné qui séduit ses juges par l’éclat de sa beauté. III 12

- Je n’aime pas faire l’amour debout. III, 13

- Après mes crises de gravelle, j’apprécie de récupérer tout de suite l’usage du vin blanc, de ma femme et des melons. III. 13


Photo, Jean-Léon Gérôme, Phryné devant l'aréopage.

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