Méfiez-vous de l’animal blessé



L’autre jour, on parlait sangliers avec Laurent. Nous, ils nous ravagent tout au cabanon, à la recherche de la vermine qui remonte dès qu’il pleut. Lui, un jour, ou plutôt une nuit, il a heurté un sanglier avec sa voiture. La voiture était bonne pour la casse mais la bête aussi était mal en point, la colonne vertébrale brisée. Alors Laurent est allé chercher une hache pour l’achever mais l’animal a eu la force de lui sauter dessus et il a dû prendre sa carabine.

Des fois, dans la vie, il arrive qu’on se lasse de certaines relations. J’en ai au moins trois exemples. J’ai essayé de réveiller l’une d’elles en écrivant un mot à Gilbert pour lui dire que, 20 ans après, ce serait bien de boire un coup ensemble histoire de faire le point. Pas de réponse… Michèle m’a dit que je l’avais humilié. Pareil avec Christian, avec Bernard. C’est ma foi vrai que j’ai dû manifester mon impatience et, maintenant, il ne faut pas que je m’étonne.

Une humiliation ne s’oublie jamais. Regardez en 1918. Ce n’est pas tout de gagner une guerre, il faut se méfier de la vengeance du vaincu. Il vaut mieux ne pas trop la gagner. Clemenceau a gagné la Grande Guerre mais on a eu Hitler. Maintenant, les Américains ont gagné la Guerre froide mais on a Poutine.

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