Les enfants sont sadiques


Bono : Ce matin, je suis allé chez le kiné. Il m’a fait des ondes de choc sous le talon. C’est mauvais ! En plus, il me demandait de lui dire là où ça me faisait le plus mal et il tapait juste à cet endroit avec son petit marteau. Il disait que c’était pour mon bien. Antonia : Alors, t’es masochiste, Bono !

- Moi, masochiste... ? Pas du tout ! Quoique... Tu as peut-être raison. Les maso, c’est pas qu’il aiment la souffrance en elle-même ; c'est parce que ça leur procure des avantages. À propos, tu en connais, toi, des masochistes ? Il y en a à ton école ?

- Oui !

- Ah bon ? Et qu’est-ce qu’on leur fait à ces masochistes-là ?

- On leur fait la brûlure d’Angela. - Qu’est-ce que c’est qu’ça, la brûlure d’Angela ?

- On leur prend le bras et on tord la peau dans les deux sens.

- Moi, ce qui m’étonne le plus, c’est le sadisme des enfants. On nous dit qu’ils sont innocents et purs, les pauvres chérubins, ces chères têtes blondes, ces petits anges tout sucre et tout miel. Mon œil ! (et je suis poli !). Tu aimes ce qui es cruel, toi, par exemple ?

- J’adore…

- Je le savais. Je vois bien les images que tu cherches dans les livres. En réalité, les enfants sont bien plus cruels que les adultes. Ils devraient faire attention à pas trop les choquer, les adultes, quand même. Tu as vu le dessin qu’Oreste a fait pour l'anniversaire de Mina ? Il n’a rien trouvé de mieux que de décorer avec les guirlandes de têtes coupées. Il avait mis des bocaux pleins d’yeux arrachés et d’autre horreurs que j’ose même pas répéter. Ils ont l’estomac bien accroché, les enfants !

- C’est pour rire, Bono !

- Ben moi, ça m’fait pas rire du tout !

- En tout cas, moi, j'ai pas eu peur, quand on m'a fait la prise de sang.

- Ça, c'est vrai. Faut pas t'lenlever. Tu as regardé la seringue sans frémir. Bravo !

Tu veux que j'te raconte une histoire ?

- Oui…

- Voilà..., un jour, dans la rue, un masochiste rencontre un sadique. Et tu sais ce qu’il lui dit ?

- Non ?

- Il lui dit : Fais-moi mal ! Et le sadique, tu sais ce qu’il fait ?

- Il lui fait mal ?

- Non ! Il lui répond : Non… sur le ton le plus cruel qu’il peut.

- Bono... ?

- Quoi ?

- Je pourrais dormir dans votre chambre ce soir ?

- Qu'est-ce qu'y a encore ?

- J'ai peur de faire des cauchemars...

- Quels cauchemars ? Allez, ouste, va dans ta chambre !

- S'il te plaît... C'est le film que j'ai vu avec Paloma. Y a un clown qui coupe les bras des enfants pour les manger !


Photo : le dernier dessin d'Oreste.

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