Le plaisir est-il partagé ?


Vacances - réunion de famille - enfants grands et petits - chats, chattes et chatons - masques et barrières - cuisines, tables et discussions. Une pensée pour les esseulés.

Évidemment, tout le monde n'a pas exactement la même religion. Par exemple, il y en a de plus cathos que d'autres et, quand on en a parlé, la discussion s'est un peu tendue, alors on a changé de sujet. J'ai juste glissé qu'à l'heure de la crise écologique ce serait inespéré qu'il existe un autre monde, meilleur que le nôtre.

Il y a une autre chose que je n'ai pas dite mais que j'ai pensée à la suite d'un romancier contemporain bien connu, c'est que Dieu, s'il existe quelque part dans le monde, pourrait bien se cacher dans la ch... des femmes. C'est très sérieux comme théologie : Dieu, c'est la vie.

Et puis voilà qu'en revenant de la plage des Catalans, que j'appelle Copacabana sur Marseille, je mets le poste et j'entends des féministes comme je n'en avais jamais entendu de ma vie. Elles citaient une certaines chanson de Brassens et disaient qu'elles en avaient marre de passer la moitié de leur vie à se faire belles pour se soumettre à un homme dont elles étaient loin de partager le plaisir. Finies la cosmétique, la mode, la séduction, toute cette aliénation à un machisme d'un autre âge, comme si les femmes n'avaient rien d'autre à faire dans l'existence que d'entrer en compétition les unes avec les autres pour se valider sous le regard masculin. Quant aux rapports sexuels, disaient-elles, rien ne presse, on verra plus tard. La pénétration, après tout, elles pouvaient très bien s'en passer. Je n'en revenais pas ! J'avais souvent pensé qu'aussi loin que puisse aller la protestation féministe, le désir de plaire serait toujours plus fort du côté féminin, d'où la cosmétique, la parure sous toutes ses formes, le mundus muliebris. Je me calais sur cette définition formulée par Rousseau : pour que l'acte s'accomplisse, il faut que l'homme veuille et puisse et que la femme résiste peu. Il ajoutait que pour que l'homme veuille, il était nécessaire que la femme plaise. Il en résulterait une dissymétrie naturelle et incontournable entre les pôles masculin et féminin.

Voilà ce qui est remis en question par quelques femmes, demain par beaucoup peut-être, qui soutiennent qu'il n'est pas si urgent que ça que l'acte s'accomplisse... Cela annonce pour les hommes des décennies de pain sec avant qu'un nouvel équilibre s'établisse. L'industrie de la mode et de la cosmétique peut aussi se faire du souci, d'autant que l'écologie pousse aussi dans le sens de la parcimonie.


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