La République est-elle encore vivante ?



La république est morte, écrivait Michel Houellebecq dans Le Figaro en janvier 2015 lors de la sortie de Soumission. Au même moment, Virginie Despentes faisait dire à un des personnages de Vernon Subutex :


Mon père parle de la république, la république, la république, on dirait un corbeau sur sa branche... Il est comme ça, lui, il sort du taf et se précipite dans la prairie déblatérer des trucs dont tout le monde se fout. Les vieux font toujours un peu pitié. Ça m’énerve de les voir tout le temps croire en des choses qui n’existent plus.


Quelques jours plus tard, c'est l'attentat de Charlie et tout le monde se précipite dans la rue en criant La république ! La république ! Ça n'a pas duré longtemps. À l'Université par exemple, on n'aime pas trop parler de la République. C'est pas qu'on soit encore trop marxiste ou structuraliste, mais on s'méfie. On a gardé l'habitude de critiquer et de s'indigner de tout . Pour la France, c'est pareil, c'est un mot qu'on préfère éviter. Ça fait genre Front National. Vous voulez un exemple ? Dans l'Introduction de son Histoire mondiale de la France, un pavé qui fonctionne par dates, Patrick Boucheron a malencontreusement oublié de faire une entrée 18 juin 40...


Eh bien, ça recommence depuis une semaine. Tout le monde est dans la sidération, c'est le mot qu'on se repasse, après l'horrible attentat : Alors, on se remet à invoquer de toutes parts les valeurs de la république. Oui..., finalement..., peut-être..., c'est vrai que... (Mettez-y le ton humble et doux qui va avec ce genre de contrition.)

Hé, ballot, fallait y penser avant ! Si, depuis 50 ans, on avait vaillamment enseigné les valeurs de la République à nos étudiants devenus professeurs, ils n'en seraient pas à dire : On nous laisse tout seuls face aux terroristes. On a trop peur ! Il faut vite faire du rattrapage. Qu'est-ce qu'on pourrait enseigner au juste à la jeunesse comme valeurs positives ?


PS : j'ajoute la 4° de couv. de mon livre paru en 2016 :


« La lutte contre les dégâts de la mondialisation ne saurait s’organiser ni à partir de l’islamisme, ni à partir du nationalisme, ni à partir d’un marxisme-léninisme qui a par trop failli, ni à partir de la démocratie de type anglo-saxon qui en est plutôt complice, mais à partir de la République sociale dont les ressources inexploitées restent à notre disposition. »

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