La femme aux sept maris



Un jour, une femme qui avait eu sept maris selon la loi du lévirat est venue voir Jésus et lui a demandé avec lequel de ces maris elle allait se retrouver le jour de la résurrection. Question bien légitime, après tout ? Eh bien, Jésus l’a envoyée promener en lui disant qu’elle n’y était pas du tout et que la résurrection, ce n’était vraiment pas cela. Il n’en a pas dit plus mais il est assez clair qu’on exagère beaucoup avec cette histoire de résurrection.

Alors, est-ce que ça veut dire qu’on va mourir tout à fait et que rien de nous ne subsistera ? Bien sûr que non ! Il suffit de faire preuve d’un peu de bon sens pour s’apercevoir que chacun d’entre nous a quelque peu modifié le monde et que les enfants qu’il a eus sont une continuation de sa propre personne. Même ceux qui n’ont pas d’enfants, peuvent considérer les générations futures comme leurs descendants.

La crédulité sans borne de certains croyants des siècles passés n’a d’égal en absurdité que le bornage buté que l’individualisme moderne fixe à l’existence personnelle de petits atomes égoïstes et angoissés.

J’ai remarqué que les catholiques n’osent plus parler de l’enfer, du paradis ni du purgatoire. Motus et bouche cousue. Aucun concile ne les a pourtant abolis, c’est juste qu’on n’en parle plus parce que c’est trop incroyable. Du coup, on se retrouve avec des catholiques qui ne croient même pas à leur propre religion et avec des consommateurs endurcis qui ne vivent que pour jouir de l’instant présent. Ce qui nous fait donc défaut, c’est une métaphysique, c’est-à-dire une vision du temps. Non pas une métaphysique qui nous expédie dans les nuages, du côté de Sirius. Les Chinois et les Indiens n’ont jamais cru à une pareille chose. Ni bien sûr nos ancêtres animistes. Les juifs misent tout sur la survie de leur race. Je ne sais pas s’il y a d’autres peuples en dehors des catholiques du Moyen Âge et des musulmans intégristes qui croient vraiment au paradis et à l’enfer.

Moralité : la seule chose qui compte, c’est la solidarité des générations, laquelle devrait inviter les déconstructeurs que nous sommes à un peu moins de mépris et d’ingratitude envers les générations passées qui nous ont quand même procuré internet, le chocolat, l’eau chaude et le tout-à-l’égout et envers les générations futures. Sans doute nous porterions-nous mieux nous-mêmes si nous voulions secouer nos mauvaises habitudes en préparant le monde d’après.


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