L’Ukraine, l’énergie, l’écologie, Dieu et nous



Ce matin, je suis de mauvaise humeur ! Si j’ai bien entendu, Macron a dit qu’il fallait économiser 15 % d’énergie à cause de la guerre en Ukraine qui risque de nous couper beaucoup de robinets mais il ne lui est pas venu à l’esprit de dire qu’en plus, ce serait bien pour l’écologie et d’en faire une grande cause nationale. On continue à penser par petits morceaux. Les esprits avisés disent : Attention, il faut faire payer les gros et ne pas rationner les petits qui n’en peuvent déjà plus. Il n’est pourtant pas difficile de voir que c’est la multitude des petits et des moyens qui consomme la camelote produite par les gros industriels : c’est systémique. À problème systémique, solution systémique.

C’est comme la messe. On dit : Il y a des gens qui y vont. Nous, il y a longtemps qu’on n’y va plus. Chacun fait ce qui lui plaît. C’est bien qu’il y ait des gens qui croient en Dieu, mais nous, ça nous embête.

Vous trouvez que j’ai changé de sujet ? C’est que vous n’avez rien compris ! Vous croyez que je veux vous remettre à la messe ? Pas d’avantage.

La planète brûle et chacun continue à suivre son petit chemin comme d’hab. Ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas subissent pourtant la même canicule. Ceux qui croient au ciel serait bien inspirés de rabaisser leur angle de vue et de se préoccuper du soleil ironique, comme dit Baudelaire, que nous annonce chaque matin la météo depuis 3 mois. Ceux qui ne croient pas au ciel seraient bien inspirés de relever un peu les yeux et de mettre en veille tous leurs robinets, pédales, curseurs, thermostats, molettes et tubes qui pissent et chient de répugnants produits avec accompagnement de pets et bulles. Les plus grands esprits du XX° siècle avaient compris cela : Saint-Simon, Auguste Comte, Pierre Leroux, Charles Péguy, Jean Jaurès, Michel Houellebecq, homme du XIX° siècle typique : ça suffit de viser dans les alléluias et de bailler aux corneilles. D’ailleurs, le paradis et l’enfer, personne n’y croit plus vraiment. C’est qu’des mythes ! Par contre, il est évident qu’une société ne peut pas vivre sans religion. Ces grands esprits étaient bien d'accord là-dessus.

- Tu veux rigoler, Bruno ! Nous nous passons très bien de religion. Nous préférons aller au centre commercial le dimanche et le ciel ne nous tombe pas sur la tête pour autant.

- Vous êtes sourds et aveugles ma parole ! Vous ne voyez pas que le ciel est justement en train de nous dégringoler dessus à cause de la guerre de tous contre tous, c’est-à-dire en l’absence de mobilisation commune.

Une religion n’est pas du tout une affaire de croyance philosophique, c'est juste une affaire de volonté commune. Peu importe la définition qu’il plaît aux Docteurs de donner de ce qui nous dépasse.

Le problème, c’est que Macron ne fait pas son boulot en ne faisant pas de la sobriété et même de la parcimonie une grande cause nationale avec des hauts parleurs à tous les coins de rue. Même si on n’évite pas les 5 degrés, on aura au moins exercé une pression maximum sur Total et les autres et surtout, on aura fait quelque chose ensemble.


Photo : Francesco Goya, duel au gourdin dans les sables mouvants.

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