L’inconscient n’existe pas


On est tous bien d’accord : l’inconscient, ça n’existe pas vraiment, c’est juste une façon de parler pour dire qu’il y a des phénomènes psychiques qui nous échappent. C’est un peu comme l’existence de Dieu : ça veut dire juste qu’il y a des choses qui nous dépassent à commencer par la vie universelle qui nous traverse.

On nous dit que Freud a découvert l’inconscient. Il n’a rien découvert du tout ! Homère, Socrate, Jésus ou Bouddha n’ont cessé de lutter contre l’aveuglement provoqué par les passions. Je viens d’ailleurs de faire un pléonasme car une passion, c’est justement un affect qui agit mais qu’on ne voit pas. Passif = inconscient.

Prenez la paille et la poutre. Jésus nous dit : Commence par ôter la poutre que tu as dans l’œil, et, alors, tu verras plus clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère. Je ne connais pas de meilleure psychanalyse que cette phrase-là. Tout y est, l’aveuglement, la vanité, le mépris. Il ne manque que le divan.

- Il manque l’essentiel, le sexe ! Et ça, c’est justement la découverte de Freud. Jésus n’a pas vu que les femmes étaient hantées par le désir de posséder un pénis et que les hommes vivaient dans l’angoisse qu'on le leur coupe, d'où le désir de tuer le père.

- Alors, si je comprends bien, Jésus avait lui-même une poutre dans l’œil qui l'empêchait de voir la castration et c’est Freud qui l’a vue, la poutre de Jésus… , c’est ça ? Et Socrate aussi avait une poutre dans l’œil quand il disait Connais-toi toi-même… C’est ça ?

C’est drôle quand même. Dans la vraie vie, dans nos histoires de famille, on retombe toujours sur la même chose : des enfants mal aimés, des frères ou des sœurs jaloux qui s’affrontent jusque chez le notaire. Partout, des rivalités d’amour propre, des rivalités d’amour-propre et encore des rivalités d’amour-propre blessé qui ne cicatrisent pas. Des Œdipes ratés, jamais.

Mon idée est que non seulement Freud n’a pas du tout inventé l’inconscient, mais, ce qui est plus grave, il en a retiré la sagesse des nations pour y fourrer son Œdipe. La Bible commence par la rivalité de Caïn et d’Abel, l’Iliade commence par la rivalité de Junon et d’Aphrodite suivie par celle d’Achille et d’Agamemnon, Rome commence par la rivalité de Romulus et de Rémus, Le Mahabharata commence par la rivalité de Karna et Arjuna. Mais non, Freud, lui, il commence par son Œdipe…

- Son Œdipe, son Œdipe… Il ne l’a pas inventé quand même !

- Bien sûr que non. Ça existe, les enfants uniques. Il l’a juste interprété de travers. En réalité, Œdipe, c’est encore une histoire d’enfant mal aimé. Ses parents l’ont mutilé et abandonné et ils sont punis par où ils ont péché. Comme d’habitude, hélas, c’est le besoin de reconnaissance qui est frustré ! D’ailleurs à la génération suivante, Étéocle et Polynice se (re)mettent à s’embrocher. Cosi fan tutti…

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