I love Emily



Tout le monde ricane, mais moi, je persiste chaque soir à visionner un épisode de ma série préférée, Emily in Paris. C’est sur Netflix ! On me dit que c’est plein de stéréotypes. C’est bien possible mais j’m’en fiche. D’abord, il y a du vrai dans les stéréotypes, et puis ça donne l’occasion de se demander si la réalité est comme ça OUPA. C’est l’histoire d’une américaine qui débarque à Paris, qu’elle adore, dans les milieux de la mode et du marketing. D’abord, l’actrice est craquante. Elle s’appelle Lily Collins. Deux sous de poivre ! Je n’ai jamais rencontré une pareille mobilité de visage. Ses traits expriment dans l’instant tout ce qu’elle éprouve avant qu’elle le formule méticuleusement avec son accent charmant, un peu didactique. Devant chaque situation, elle réfléchit un quart de seconde, hum, et indique sa position en expliquant pourquoi et comment. Il ne reste aucune zone d’ombre. Elle met immédiatement les points sur les i à chacun de ses vis-à-vis. Mais surtout, on a l’impression qu’elle a effacé de sa psyché tout ce qui s’apparente à la mauvaise foi, aux inhibitions, aux calculs, au ressentiment. Emily est très morale. Elle se comporte en affaires comme en amour selon quelques règles simples et claires et s’y tient sans tergiverser. Sûre d’elle-même, elle ne se laisse entamer par aucun échec ni aucune rebuffade.

Tous les Américains sont-ils ainsi faits ? Par nature ou par éducation ? Je l’ignore. Tant de positivité cache-t-elle de graves refoulements ? Je l’ignore aussi. Mais en contraste, bien des Français paraissent des gens compliqués, peu spontanés, embarrassés dans leurs complexes, leurs affects tristes et, peut-être bien, leur immoralité. Tous les Français ? Ne détournez pas la question, mon lecteur ! C’est à nous-même que la charmante Emily tend un modèle. Un modèle à passer au crible sans doute mais une invitation à ne pas repousser...

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