Du matriarcat


Le fer perce le papier. Le papier enveloppe la pierre. La pierre émousse le fer. Vous vous souvenez de ce jeu d’enfant très philosophique, qui montre qu’aucun avantage n’est définitif ?

J’ai retenu cette phrase d’un ethnologue corse soutenant que tout patriarcat dissimule un matriarcat caché. N’est-ce pas la mère qui, depuis son village de montagne, commande la vendetta à ses fils et leur dit : « Toi, tu iras faire ton droit à Paris…, Toi, tu iras faire ta médecine à Marseille ! »

Les femmes commandent la table et le lit, plus l’éducation des enfants et la bourse. Ça fait quand même beaucoup… « Un homme nul est quelque chose d’effroyable, écrit Balzac dans ses magnifiques Lettres de deux jeunes mariées ; mais, ajoute-t-il, il y a quelque chose de pire, c’est un homme annulé. » Aujourd’hui, on dirait un homme déstructuré.

J’ai encore une belle métaphore en réserve empruntée aux Travailleurs de la mer. Vous vous souvenez quand Gilliat se trouve aux prises avec la pieuvre dans la grotte de laquelle il s’est réfugié un peu vite. Hugo rappelle les moyens d’attaque des autres animaux : le cri, la griffe et la dent, le dard, la pince, la corne, l’épine, le venin, la nageoire tranchante, etc. La pieuvre n’a pas tout cela. Elle n’a pas non plus de cuir, de cuirasse, pas de poils, pas d’écailles, pas de plumes. Elle est nue. « Qu’est-ce donc que la pieuvre, demande Hugo ? C’est la ventouse. »

À part ça, je me porte très bien. Ne vous inquiétez pas pour moi, mon lecteur plein de sollicitude. Je parle juste en général, pour le plaisir d’écrire une petite page et de prendre le contre-pied du thème général. Ça vous a plu ?

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