Du bon usage des catastrophes


Je n’ai aucune compétence pour parler de l’Ukraine. Je vais donc faire entendre deux sons de cloche.

La version optimiste de la crise actuelle, ce serait :

1) que Poutine vienne de planter le premier clou de son cercueil et que la population russe entame une révolution démocratique quand elle pâtira trop des sanctions économiques et qu’elle verra arriver les premiers cercueils…

2) qu’à cette occasion, l’Europe politique se constitue sérieusement sur une base démocratique.

3) que la crise énergétique qui menace de s’aggraver soit l’occasion de mesures communes d’économie et d’écologie de grande envergue.


Je tombe, par ailleurs, sur cette citation de George Kennan datée de 1997 :


L’élargissement de l’OTAN serait la plus fatale erreur de la politique américaine depuis la fin de la guerre froide. On peut s’attendre à ce que cette décision attise les tendances nationalistes, anti-occidentales et militaristes de l’opinion publique russe ; qu’elle relance une atmosphère de guerre froide dans les relations Est-Ouest et oriente la politique étrangère russe dans une direction qui ne correspondra vraiment pas à nos souhaits (A fateful error, Une erreur fatale, The New York Times du 5 février 1997).


Je ne sais pas si c’est vrai, mais j’ai pensé à l’erreur de Clemenceau qui, en 1918, à Versailles, a imposé à l’Allemagne vaincue les réparations draconiennes qui ont finalement encouragé la paranoïa nazie. Sommes-nous sûrs, à l’abri de la pax americana qu’il n’y a qu’un crocodile dans le marigot ?

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