[Dans la série Je vieillis mal…] De retour d’Arles



La plupart des photos exposées m’ont ennuyé, voire exaspéré. Y a une série où on voit un canapé avec une femme à poil. Air connu. Sauf que, un coup, la femme est dessous, un coup, elle est derrière et y a que les jambes qui dépassent, un coup, elle a un gros pouf sur la moitié du corps. Ainsi de suite… Avis aux voyeurs ! En fait, je me suis vite aperçu qu’il y avait deux catégories bien tranchées, les photos contemporaines et les archives.

Le contemporain est dans le didactisme et la déconstruction. Oui, la beauté est bien de droite. Autant que dans la thématique, la déconstruction est dans la photo elle-même qui refuse toute esthétisation, ce qui aboutit à un conformisme de l’anticonformisme : cadrages mal fichus, images floues et ratées comme on ne les aurait pas supportées jadis dans nos pires soirées de diapositives. Ma pauvre libido en a pris un coup…

Plusieurs archives humanistes magnifiques par contre : à la tour Luma, le Ghana vu depuis le studio de James Barnor à Accra dans les années 50, ; à l'Espace Van Gogh, la grande Lee Miller, successivement mannequin, photographe de mode avant guerre et témoin de la libération de Dachau. Toujours à l'Espace Van Gogh, le luxembourgeois Romain Urhausen et ses portraits de rue. Voir encore l’émouvant travail de la Croix-Rouge sur tant de champs de bataille au Palais de l’Archevêché.

Finalement, ce qui m’a le plus interpellé, c’est l’expo de Jacqueline Salmon au Musée Réattu. Elle a photographié dix siècles de Christ en croix en oubliant la tête et les bras et en faisant un gros plan sur le pagne et les cuisses. Certaines images sont horribles, comme le Christ d’Issenheim. Beaucoup sont sensuelles, je dirai même érotiques, tant les peintres ont joué avec le périzonium, allant de la nudité complète au drapé baroque en passant par le voile transparent ou qui glisse sur les hanches d’un Christ tantôt viril tantôt féminisé.

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