Couper ou ne pas couper son moteur


Je me fais pénible... Chaque fois que je vois une voiture garée en double file occupée par un passager, j'observe et constate que le moteur tourne. On ne sait pas combien de temps ça va durer, mais ça tourne. Pareil quand il y a un camion en travers de la rue qui bloque tout : ça tourne dans la file ! Il m'est arrivé de serrer le pouce contre mon index replié en tournant le poignet pour faire signe au chauffard étonné, pardon au chauffeur, de couper.

Idem si je ne fais pas le tri sélectif et me facilite la vie en jetant à la poubelle n'importe quoi, piles, ampoules, cartouches d'encre, bouchons de liège, bouteilles, etc. On ne m’enlèvera pas de l’idée que faire tourner son moteur à l’arrêt, jeter ses piles avec les déchets organiques ou encore ses mégots sur la plage, est un geste cartésien de domination dans lequel entre même une petite pointe de sadisme. Ni vu ni pris, j’en profite.

L’autre jour, à la pharmacie, la vendeuse remet à une vieille dame ses achats dans un sac muni d'ouvertures de chaque côté pour passer la main. La vieille a eu le culot de revenir et de demander un sac avec des anses sous prétexte que ce n’était pas pratique et de repartir avec les deux. Je l’aurais exterminée !

Bien sûr, ça ne changera rien au sort de notre planète qui se joue à une tout autre échelle. Seulement, au lieu de penser que nous sommes 7 milliards, et que, dans ces conditions..., je peux me mettre à entretenir un rapport personnel avec ma planète comme avec une mère nourricière en une sorte de prière dans laquelle j'exprimerai ma gratitude pour tous les dons reçus et mon souci de nuire le moins possible.

Hegel disait que la lecture du journal le matin remplaçait désormais la prière quotidienne. Je dirai qu'au milieu de l'énorme bavardage médiatique qui nous accable désormais, c'est plutôt la relation intime de chacun avec le vivant qui peut succéder aux 7 prières, les laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies. Les occasions ne manquent pas chaque jour : eau chaude, produits divers, électricité, emballages, renouvellement d'objets un peu essoufflés, recyclage, déplacements. Oui, c’est ça : je vais écrire au bon pape François qui ne doit pas être loin de penser, lui aussi : Deus sive natura.


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