À consommer avec modération (les caricatures)


Pour savoir comment tournera la fille dans 20 ans, voyez la mère, conseillait Balzac aux garçons. Pour savoir où nous en serons demain, regardez l'Amérique, disait Tocqueville. Dieu nous épargne ce sort !

Je dis cela au sujet des caricatures. Attention de ne pas devenir caricaturaux nous-mêmes !

Là, Emmanuel, je ne te comprends plus, de jeter de l'huile sur le feu comme tu fais, toi le Président-philosophe, le disciple de Paul Ricœur, le défenseur de la bienveillance et du en même temps. Tu souffles sur les braises en remettant les caricatures sur le tapis.

On dit qu'il faut lutter contre la radicalisation et tu ne vois pas que tu es en train de radicaliser un certain nombre de bons musulmans qui ne cherchaient pas midi à 14 heures ?

Je sais bien que nous sommes au pays de Voltaire, que son ironie s'est répandue dans la France entière, ce qui a fortement aidé à la Révolution. Mais aujourd'hui, la Révolution que nous avons à faire, c'est la transition écologique, la transition écologique et la transition écologique. Le Covid, c'est rien ! les caricatures, c'est rien ! C'est un voile d'oubli qu'il faut jeter sur ces malheureuses caricatures du prophète, testicules à l'air en attente de la sodomie. Voudrait-on la guerre entre les salafistes et les laïcards que certains appellent déjà les salafistes de la République, je veux dire la guerre entre milices armées de gourdins, qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Tu ne vois pas, Emmanuel, qu'on se tire une balle dans le pied en agitant comme ça le chiffon rouge ?

Je préfère la recommandation de Péguy : "Être ferme et souple, plutôt que rigide et mou."

Nous sommes le pays de Voltaire et de la déconstruction, d'accord, mais soyons aussi celui de Rousseau, et de La Confessions du vicaire savoyard. Voyez ce qu'écrivait Pierre Leroux en 1832. Je vous laisse méditer ses mots, mon lecteur plein de circonspection :

Le XVIII° siècle passa devant la croix en l’insultant. Voltaire n’a pour la Bible qu’un rire stérile. S’il en avait senti la grandeur, il n’aurait pu accomplir l’œuvre de son temps. Il fallait qu’il fût comme ces héros de l’Iliade qui combattaient contre les divinités sans les connaître, et qui auraient senti toutes leurs forces défaillir si leurs yeux aveugles se fussent dessillés. Un seul homme alors s’arrête pensif à contempler l’originalité de la Bible et de l’Évangile ; c’est Rousseau. Leur majesté, dit‑il, l’étonne, et leur simplicité parle à son cœur.

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