La France comme un jardin

March 30, 2020

 

On sait déjà que la crise sanitaire est le résultat de la mondialisation. Il se pourrait qu'elle soit aussi liée à la crise climatique par exemple si les particules fines sont le cheval de Troie du virus ou des trucs comme ça. Une crise en tout cas en cache une autre et, à la sortie de l'une, on retombera dans l'autre si on se remet de plus belle à cracher du CO2 pour rattraper le temps perdu.

J'ai fait un rêve un peu différent ! Les Français ne supportent plus d'acheter des fruits du Pérou ou d'Afrique du Sud ni même d'Espagne ou du Maroc, d'avaler les pesticides qui vont avec, d'acheter des roses guindées  et inodores importées du Kenya, de sécher du réchauffement produit par le transport de ces milliards de tonnes. Donc relocalisation et permaculture. Le Président tient sa promesse de revenir à l'essentiel. Or l'essentiel, c'est évidemment notre estomac. La pénurie sexuelle est douloureuse mais on n'en meurt pas. Pareil pour les blessures d'amour-propre, tandis que la faim et la respiration...

Le Président subventionne donc énergiquement une agriculture écologique relocalisée. Des milliers de jeunes qui s'endiablent dans les cités ou qui pâlissent dans les bureaux, occupés à des boulots de merde (1) comme la pub ou le conseil fiscal, retroussent leurs manches. Contrairement à ce qu'on croyait, une culture bien menée avec un minimum de machines, d'engrais chimiques et de pesticides, mais éclairée par les progrès de l'agronomie peut être plus productive que l'agriculture intensive. On consomme ce qu'on produit où on le produit, c'est-à-dire partout. Les gros agrariens commenceront à faire la grimace et finiront par comprendre qu'ils n'ont qu'à faire pareil pour éviter la faillite.

Dans les villes aussi, on végétalise en maraîchers et en fruitiers les toits terrasses, les balcons, les parkings, les squares, le pied des arbres des boulevards, ses bordures des immeubles occupées par de tristes rangées d'arbustes stériles censés préserver l'intimité des rez-de-chaussée. Plus aucun trognon de pomme, aucune épluchure de navet ou de crayon n'ira alourdir les bennes et les incinérateurs : tout en compost.

- Mais qui va s'occuper de tout ça ?

- Les petits vieux qui s'embêtent en dehors des heures des repas.

- Mais tout le monde va se servir !

- C'est ça qui est bien. Je vous avais bien dit que l'avenir serait socialiste ou ne serait pas. Et en plus, on pourra faire des banquets de quartier. J'ai parlé de l'estomac que nous avons en commun avec toutes les autres espèces, mais le spécifiquement humain commence avec la commensalité.

 

(1) Boulots de merde !  Du cireur au trader, enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers par Julien Brygo et Olivier Cyran, La Découverte, 2018.

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