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Le mélange de l'intellectualisme et du sentimentalisme plus dangereux que la poudre à canon

February 27, 2020

 

Vous avez vu les émissions d'Arte sur le Goulag, sur le massacre de Katyn, sur le pacte germano-soviétique ? Alors, voyez-les en replay ! Tout ce qui est dit, on le sait, mais les images sont hallucinantes et laissent complètement rêveur. Comment la plus belle promesse du monde moderne, le projet de partager la vie au lieu de s'en déchirer les lambeaux a-t-elle pu se transformer en un cauchemar pire que celui du nazisme, en tout cas en ampleur ?  Comment des dizaines de millions de personnes ont-elles pu  ainsi être massacrées ou déportées en Sibérie ? Comment toute la vieille garde du Parti a-t-elle pu être liquidée dans des procès atroces ? Comment, chaque année, 10 % des membres du Comité central a-t-elle pu aussi être éliminée, tous vivant dans une terreur permanente, genre le premier qui cesse d'applaudir recevra une balle dans la nuque ?

La question insondable est pour moi la suivante : en quel point le fanatisme se transforme-t-il en cynisme, voire en sadisme ? Tout commence par le fanatisme quand on veut à tout prix et au nom d'un principe généreux soviétiser la totalité de la vie économique. C'est au nom d'un idéal abstrait que Lénine et ses compagnons se sont mis immédiatement à abolir la petite paysannerie, le petit artisanat et le  petit commerce au prix déjà d'immenses brutalités. Résultat immédiat : un  million de morts de faim. Et Staline ensuite n'a fait qu'insister, soviétisant, massacrant et déportant toujours plus. Comment  a-t-on pu rétablir l'esclavage au nom de  la liberté !!!

Au  début, c'est sûr, il y a eu du dogmatisme, de la rigidité, du manichéisme, tout ce que prévoyait Péguy depuis 20 ans, mélangé à du sentimentalisme larmoyant. Le mélange de l'intellectualisme et des bons sentiments, c'est pire que la poudre à canon, qu'on y pense  bien.

Mais enfin, quand on s'est mis à multiplier les arrestations arbitraires en pleine rue sous des prétextes  futiles ou sans aucun prétexte et à tirer des pères de  famille de leur lit sous les regards terrifiés de leur femme et de leurs enfants, quand on s'est mis à torturer les vieux bolchéviks jusqu'à leur faire avouer publiquement qu'ils avaient trahi pour le compte de la CIA, cette fois, on est en plein cynisme, sadisme, volonté de puissance. L'enrichissement personnel a suivi. Comme ces métamorphoses sont troublantes !

Il faut bien qu'il y ait un fil conducteur qui fasse passer du fanatisme au  cynisme. Ce fil conducteur, il me semble que c'est l'hybris, l'orgueil : je vais à moi tout seul réformer la société à partir d'une formule de mon invention. Tout ceux qui résistent seront balayés. Ensuite, l'ivresse du pouvoir jouera et le sentiment de toute puissance exaltera la fibre du machiavélisme et de la cruauté. . On est renvoyé à la psychologie pour essayer de comprendre des événements que les historiens et les sociologues peuvent seulement montrer et décrire.

Mais l'engrenage finit par  broyer ceux qui en tiennent les manettes. Des purges toujours plus terribles seront la réponse à des échecs sans cesse plus cuisants. Impossible de revenir en arrière, comme l'a tenté Lénine au temps de la NEP. L'engrenage ne laisse qu'une alternative : liquider ou être liquidé. Cette fois, c'est l'instinct de survie qui joue. Staline lui-même vivait dans la terreur d'être assassiné.

Les  vertus opposées à l'intellectualisme se déduisent facilement : prudence, pondération, expérience, réalisme.

 

 

 

 

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