Que dit l'église de Cadenet ?

February 25, 2020

 

Guillaume Erner disait ce matin sur France-Cu que quand on écoute les nouvelles, on a souvent envie d'aller se recoucher :  on n'entend parler que de pollution, de corruption, de rivalité, de nationalisme, d'uniformisation, d'épidémies, de guerres, de réfugiés, de terrorisme, etc. La seule bonne nouvelle, c'est la  condamnation d'Harvey Weinstein, même si ça fait un drôle de contraste, les taches de blancheur des affaires Matzneff, Griveau, Fillon, etc., dans un paysage de plus en plus sombre.

Je pense aux années 1830 où s'ouvrait une société de concurrence généralisée qui allait très vite aboutir à distinguer une majorité de perdants et une minorité de gagnants. Nos trois grands romanciers, Balzac, Stendhal et Flaubert ont fait un tableau hideux de ces bourgeois ventrus, égoïstes et stupides. Les perdants, eux, se sont retrouvés plongés dans une société d'argent et d'affaires aussi glaciale que l'océan arctique où furent précipités les pauvres passagers du Titanic. 

Parmi les perdants, les poètes romantiques sont ceux qui avaient une sensibilité éthique et esthétique spécialement développée. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils se sont réfugiés dans toutes sortes de paradis artificiels comme le passé médiéval, le sentiment de la nature, l'amour fou, une religiosité éthérée, ou encore l'art pour l'art. Certains aussi ont élevé des barricades comme en 1832, 1834, 1848, 1871. Ils sont morts héroïquement sans aucun résultat.

Le magnifique printemps républicain de 1848 a pourtant réussi une première application des mesures sociales inscrites dans la Déclaration des droits de 1793 : droit au travail, à la santé, à l'éducation. Cela a donné : la première législation du travail, les bases d'une sécurité sociale. Tout fut balayé en juin mais les bases étaient jetées de ce qu'ont édifié le Front populaire en 1936 et le Conseil de la Résistance en 1945.

Et nous, que ferons-nous ? Certainement soutenir en pensée, en parole et en action tous les mouvements alternatifs orientés vers la frugalité, la décroissance, la protection des biens communs, les services publics. Et d'abord, voyager court, laisser la voiture au garage, marcher, diminuer les doses de tout, manger la croute du fromage, bref, nous adonner un peu moins à l'orgueil, à la luxure et à la gourmandise...

Mais qui va nous encourager dans cette cure d'amaigrissement ? Chacun est-il abandonné à lui-même ? De quelle parole, de quels symboles, de quels modèles disposons-nous ?

Ça tombe bien : hier matin, en revenant de la campagne, j'ai dit stop et j'ai pris cette photo du presbytère de Cadenet qui jouxte l'église du XII° siècle. Quelle architecture ! Ces contreforts ! Vous voyez la gargouille tout à fait sur la droite, mon lecteur qui avez 10 à chaque œil ? En réalité, il en reste 3 sur les 7 qui représentaient les 7 péchés capitaux et ce sont justement l'orgueil, la gourmandise et la  luxure, qui semblent s'adresser à nous  !

 

 

Et si vous trouvez que cette mention fait trop gargouille de bénitier, essayez, mon lecteur qui avez 10 à chaque œil, de déchiffrer ce qui reste de l'inscription. C'est justement l'une des devises de 1793 : République Française, liberté, fraternité. Vous voyez qu'on n'est pas tout seuls...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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