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Impressions de Shiraz

April 25, 2019

 

 

(lundi 15 avril)

Shiraz, ce sont les rossignols, les orangers, les miniatures, les marqueteries, les tapis fleuris, les vitraux kaléidoscopiques, les faïences bleues et roses, les calligraphies, les jardins, les giroflées, les pensées, les soucis, les roses, des filles élancées et souples comme des cyprès, l’art de présenter les jus de fruit, les confitures, les poèmes de Hâfez que fredonnait notre taxi, les sourires et les chatteries persanes en tous genres… On trouve aussi des bagnoles, des parkings, des banques et des vitrines où s’entassent machines à laver et téléviseurs, Mais cette ville d’un million et demi d’habitants garde dans son centre l’allure d’un gros bourg provincial bien reposant après Téhéran. On visite plusieurs mosquées, palais, mausolées de proportions admirables ornés de millions d’éclats de glace se réfléchissant à l'infini.

 

 

J’ai essayé de lire Hâfez dont nous avons été visiter le tombeau à la tombée du jour, objet de vénération populaire depuis le XIV° siècle, le Victor Hugo de la Perse. Des poèmes érotiques un peu dans le genre Pétrarque ou Ronsard. Sa bien-aimée a des yeux de narcisse et des lèvres de rose. Il rêve d’avoir un jour « le cœur en repos auprès de sa chevelure dénouée » Las, la belle « soulève peu son voile en sa faveur » et si l’Amour est source de toute félicité, Hâfez soupire de n’en jouir que par intermittence. Il serait pourtant prêt à "balayer de ses sourcils la poussière de ses pas".

Mais attention, ne nous y trompons pas ! C’est d’Amour divin qu’il s’agit tout au long d’une allégorie longuement filée. Ce joli minois n’est qu’« un échantillon de la beauté divine ». Hâfez est un mystique d’inspiration soufi. De notre chambre, nous entendons monter le chant élégiaque de l’un de ses interprètes accompagné d’un petit instrument à corde que je ne saurais nommer.

Vous l’avez compris, pour apprécier Shiraz, il faut aimer les dolce. On peut aussi sélectionner quelques morceaux admirablement prosaïques comme les blocs restés bruts d’où émergent les statues de Rodin : les céramiques seljoukides, les longs murs de brique pâle, les colonnes en bois de cyprès de certains divans ou les vitraux en verre ordinaire de certains salons.

(à suivre)

 

 

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