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De quelques parfums

March 25, 2019

 

 

Ça y est ! On s'est mis à tailler les oliviers. Soyons juste : c'est Michèle qui taille avec le beau sécateur électrique que je lui ai offert. On s'croirait sur le Vieux-Port ! Le sol est jonché d'écailles de poissons argentées. Moi, je broie les branches coupées avec le gyrobroyeur.

Le Printemps 2018 avait été très pluvieux ce qui avait donné une végétation turgescente avec d'énormes insectes qui sautaient dans tous les sens. Pour le moment, il fait affreusement sec, cette année, mistral à l'appui. Daniel a même failli foutre le feu à la colline avec le barbecue. Pompiers, etc... L'herbe est rase mais, du coup, ce sont les senteurs des plantes coupées par la machine qui sont exaltées fenouil, lavande, roquette, menthe + un parfum particulièrement délicieux parmi plusieurs que je ne connais pas.

Quand il parle des femmes qu'il a aimées, le personnage d'Izzo énumère leurs parfums charmants : basilic, oseille, anis, etc. Chacune lui a laissé le souvenir d'un bouquet perso. Quelle belle façon de dire l'amour !

Voilà à quoi je rêvais sur le tracteur hier matin et aussi à nos premières impressions d'Alexandrie, dans le carton des souvenirs. Septembre n'avait apporté aucune fraîcheur. Traverser les meidans était une épreuve redoutée. On rasait les murs. Seules les cages d'escalier devant la porte des grands immeubles soufflaient un air plus frais. 

À la pension Normandie sur la corniche, de grands nubiens en robe blanche nous servaient des dates fraîches dodues comme les cafards qui envahissent les cuisines la nuit. Tout sentait la desplendeur, les ascenseurs en panne, les robinets qui gouttaient, les poignées de portes mollassonnes. J'ai encore la photo de Michèle faisait sa toilette devant la porte-fenêtre de notre chambre ouvrant sur la mer avec l'auguste statue de  Saad Pacha qui se reflétait dans la vitre. En bas, devant les grands cafés, le concert des klaxons et les sabots des chevaux qui claquaient sur le macadam traînant des fiacres noirs comme des fourmis.

Mon souvenir le plus tenace, c'est l'odeur de goyave dont était imprégnée cette chambre qui n'était certainement que l'exhalaison d'un monceau de chemises abandonnées dans l'armoire par le précédent locataire, homme qui transpirait beaucoup aux aisselles.

 

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