La pulpe et la peau

Les deux grands onanistes de notre littérature sont certainement Rousseau et Houellebecq. Il faut y ajouter Proust s'il faut en croire son biographe, Jean-Yves Tadié :


Seule forme d’acte sexuel jamais prêtée au narrateur de manière précise, on peut se demander si la masturbation n’est pas la seule, aussi, qu’ait connue Proust, tristement enfermé dans sa solitude.

(Proust et le roman, Gallimard, 1971, p. 71)


La Prisonnière, en effet, ne nous éclaire jamais sur la nature des rapports sexuels des deux jeunes gens qui font lit à part. Qu’est-il demandé de plus à Albertine que le substitut du baiser maternel ? Ou de quelle sorte de baiser s'agit-il au juste ? Peut-être ce que suggère une métaphore discrète, suggérée jadis au narrateur quand, pour la première fois, Gilberte l'a appelé par son « petit nom » :


J’éprouvai, dit-il alors, l’impression d’avoir été tenu un instant dans sa bouche, moi-même, nu, sans aucune des modalités sociales […] dont ses lèvres […] eurent l’air de me dépouiller, de me dévêtir, comme de sa peau un fruit dont on ne peut avaler que la pulpe.

(Pléiade, Clarac, t. I, p. 404)


Lors du colloque Houellebecq d'Édimbourg, Chantal eut l'étourderie de dire, qu'il y avait aussi du plaisir à être mangé. "Alors là, je suis entièrement d'accord avec vous ! " eut l'humour de répondre le journaliste de Libé. Quant à vous, mon.ma cher.ère lecteur.trice, J'espère que vous aurez dégusté comme elle le mérite la belle métaphore de Proust.








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