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Les Gilets jaunes, maladie infantile du capitalisme

February 20, 2019

 

 

 Vous vous souvenez du titre de Lénine, Le gauchisme, maladie infantile du communisme qu'on relisait beaucoup en Mai 68. Il ne reste rien du gauchisme ni du communisme qui ont été culbutés ensemble dans les poubelles de l'histoire mais il me semble que le titre de Lénine peut encore servir, moyennant quelques modifications.

Rencontrés dimanche sur la Corniche, Paul et Catherine voulaient absolument savoir ce que je pensais de Gilets jaunes. Eux étaient fort indignés. Moi, je ne savais trop que dire mais les idées me sont venues  hier en repassant à la chaux le plafond de la chambre de Sandra. Que faire sur une échelle à moins que l'on ne pense ?

Certes, les Gilets jaunes sont des casseurs incultes, de la graine de fascistes  antisémite, des beaufs sans conscience écologique, des périurbains tabagiques. Mais on ne peut pas faire comme si on ne savait pas de quoi ils parlent. Ils parlent de la frustration des gagne-petits quand le rêve d'une société sans classe s'est évaporé alors que le capitalisme, s'il faut l'appeler par son nom, est plus insolent que jamais.

Leur populisme est donc foncièrement ambivalent, cri de douleur authentique qui ne sait pas lui-même ce qu'il veut, sauf des euros, et qui peut déraper dans tous les sens. Mais est-ce sa faute si le capitalisme et le communisme se sont montrés aussi détestables l'un que l'autre. Faut-il, comme le disait François Furet, nous résigner à vivre dans le monde où nous vivons ?

Maladie de sénescence de notre postmodernité, le populisme des Gilets jaunes est aussi une grosse inflammation, une crise infantile qui accuse papa de tous malheurs de la famille comme si l'État pouvait tout. C'est oublier, les GAFA, les multinationales qui ne payent pas d'impôt, la financiarisation de l'économie, l'ultralibéralisme qui se fiche de la transition écologique.

Alors Macron bouc émissaire ? Sans doute. Mais ils ne faut pas oublier qu'un bouc émissaire n'est pas toujours innocent. Les autres chefs d'État ne se réjouissent pas trop car ils savent qu'autant leur pend à l'oreille, comme dit Montaigne, et ils ont les chocottes, comme me le disait si bien un autre ami venu dîner l'autre soir. Dans le meilleur des cas, cette crise pourrait réussir à secouer un bon coup le cocotier.

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