Une famille française


Pour changer un peu de Despentes et de Houellebecq ces obsédés sexuels qui n’en finissent plus de décrire le naufrage de la famille, il n’y a pas mieux que Les Bourgeois d’Alice Ferney, qui décrit par le menu la vie d’une famille bourgeoise du début à la fin du XX° siècle.

Fiançailles, mariages, grossesses, naissances, études, métiers, morts et enterrements : AF ne nous épargne rien des incontournables de trois générations de cette famille nombreuse, hétérosexuelle et catholique. Qu’est-ce que ça nous fait à nous ? Ça nous fait que nous plongeons dans un univers qui s’est largement défait, même s’il est entendu que le désordre dans la filiation décrit par Despentes et Houellebecq est nettement exagéré. Voici ce que ça donne en accéléré :


Le mariage d’amour comme accès à la liberté sexuelle.

Faire 10 enfants pour la patrie.

Le portraits des défunts au salon.

Honneur et foi.

Les hommes meurent à la guerre, les femmes en couches.

Le père ne reçoit pas les divorcés, vouvoie sa mère et son épouse.

On ne parle jamais de soi, de ses soucis, de ses inquiétudes.

On fait son examen de conscience chaque soir.

La cloche avant chaque repas et le bénédicité : « Seigneur, bénis ce repas, ceux qui l'ont préparé, et procure du pain à ceux qui n'en ont pas. »

On ne tourne pas sa cuillère dans sa bouche.

On réfléchit avant de parler.

On finit son assiette à cause de ceux qui n’ont rien à manger.

Le bonheur n’est pas dans le plaisir.

L'épouse et les enfants respectent l’autorité paternelle.

Le père toujours costume et cravate.

Scoutisme pour former le caractère, apprendre à dormir dehors, allumer du feu, faire cuire des nouilles.

L’Église, la Famille, l’Armée.

On croit à la communion des saints, à la résurrection de la chair, à la rémission des péchés et à la vie éternelle.

On apprend la solidarité chez les scouts, la rigueur chez les jésuites, et la vaillance à l’armée.

La mort n’oublie personne, il n’y a jamais d’erreur mais tous croyaient que Jérôme allait retrouver l’auteur de ses jours.


Qu'en pensez-vous, ô mon lecteur sans préjugés : Est-ce odieux ? Risible ? Respectable ? Admirable ?

Mais qui sommes-nous pour juger ? Et comment serons-nous jugés à notre tour ?

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