Un été sous l'Occupation


Décidément, l’Occupation aura été mon occupation de l’été. J’ai déjà relaté la vie de mon grand-père Albert pendant cette période (La Valise de moleskine). J’ai déjà fait l’éloge de l’excellente série consacrée à la vie d’un village du Jura de 1940 à 1945, Un Village français, et je me suis souvenu tout à coup, voyez comme on est étourdi, que mon autre grand-père, Louis, avait justement été maire de Besançon sous l’Occupation pendant 4 mois. J’ai retrouvé, à la mort de ma mère, un cahier de sa main racontant la destruction des ponts de Besançon, l'entrée des Allemands dans la ville et l’installation de ses enfants à la campagne et… la fuite des Allemands en 44. Toutes les pages intermédiaires avaient été arrachées. Par qui ? Une rapide recherche m’a montré que Louis Théron avait été maire de Besançon du 29 juillet au 16 novembre 1940. Je n’ai pas réussi pour le moment à en savoir plus. A-t-il démissionné ou a-t-il été remplacé par les Allemands ? Dans quelles conditions ? La seule personne qui aurait pu me le dire est l'oncle Charles : il est mort il y a deux mois. Trop tard !

Le Village français décrit justement la conduite de deux maires successifs du village imaginaire de Villeneuve. Le premier collabore en faveur de ses concitoyens, le second en faveur des nazis.

Et voici que, lisant l'excellent roman d'Alice Ferney Les Bourgeois qui relate la vie d'une famille française du début à la fin du XX° siècle, j'en arrive à la débâcle de juin 40 : défaite cuisante, désarroi complet, désinformation, honte et désespoir, panique générale. Que faire ? Alice Ferney commente :


Le choix qui nous paraît simple aujourd’hui après que nous ont éclairés des milliers de livres et de manuels, après que nous ont été révélés l’entière chronologie des faits, les informations secrète, les potentialités, et surtout la fin de l’histoire, était pour eux un présent confus et illisible, une pelote d’éléments indémêlables qui n’avait pas acquis la gravité d’une décision que l’avenir a révélée fatale à l’honneur.

Ils étaient tous des enfants de leur époque, éclairés par le passé, contemporains des idéologies qu’il aurait fallu combattre et qu’on avait laissé s’épanouir, ils avaient grandi pendant qu’elles grandissaient. Sous leurs yeux, les idées les plus répugnantes s’alliaient parfois aux valeurs les plus sacrées. La famille, la Patrie, le drapeau, même la terre et le travail n’auraient plus après eux la même virginité.

Qui nous garantit cependant, nous qui souvent jugeons, que nous ne prenons pas aujourd’hui des décisions qui mèneront à des violences et à des crimes encore bien pires que ceux dont nous les accusons. (p. 133)

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