De quelques poupées


L’été, les vide-greniers se succèdent dans les villages des environs. Que de pauvres objets en recherche d’acquéreurs, abandonnés par leur maître ! Atroces bibelots, jouets en plastoc, bouquins illisibles... D’ailleurs, il n’y a plus de greniers. Je fais parfois le rêve cruel et radical de m’outiller d’un tractopelle et de tout ramasser d'un coup de lame. Direction : la déchetterie.

Je pense aussi souvent à Gohar, le héros de Mendiants et orgueilleux, qui avait laissé tomber son poste de professeur à l’université pour se réfugier dans la chambre d’un quartier populaire du Caire avec pour tout meubles des journaux étalés sur le sol de terre en guise de lit, une caisse retournée pour poser sa cafetière + un cintre pour suspendre sa galabieh le soir. « Les objets, écrit Albert Cossery, l’attristaient. Seuls les êtres, dans leur folies innombrables avaient encore le pouvoir de le divertir »

Mais tout homme, justement, a ses faiblesses... Jeudi dernier, c’était grand déballage à Barjac, la plus grande brocante primaire du sud-est où on peut encore dénicher des vestiges de notre vieille civilisation rurale. Trois heures de route, des centaines de brocos. Moi, j'aime bien les couverts anciens. Je me ferais damner pour une argenterie de Vieux Paris et pour un couteau à lame d’acier à condition que le manche soit de bois, et non de corne et qu’on l’ait bien en main. Ça coupe vraiment, ça ne va pas au lave-vaisselle et ça donne un léger goût de fer aux fruits qu’on tranche. Et quelle allure ! Les verres à pieds aussi, tout simples, avec quelques petites bulles prisonnières et une cicatrice sous le socle. Aucune trouvaille cette fois-ci.

Sur la demande d’Antonia, je me suis mis en chasse de poupées. Voici ce que j’ai glané. Laquelle me conseillez-vous ?


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