La grande question des réfugiés


Chose promise, chose due. Ce billet n'aura pas de conclusion car je me sens bien coincé entre deux façons de voir entre lesquelles j'avoue mon impuissance à arbitrer.

La Constitution de 1793 prévoyait que « le peuple français donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté », ce qui faisait dire au troisième Président des États-Unis, Thomas Jefferson, que : « Tout homme a deux patries, la sienne et la France ».

En matière de droits de l'homme, la France a longtemps eu une avance sur l'Angleterre et sur les États-Unis qui avaient pourtant fait leur révolution avant elle. Elle bénéficie encore d'une auréole spéciale parmi les nations. C'est le pays de Voltaire, de Hugo et de Camus ! La France est le lampadaire des nations depuis qu'elle a inscrit ce hiéroglyphe sacré au fronton de l'histoire : 1789.

Je pensais à tout cela quand j'ai écrit dans mon livre La France insoumise (aucun rapport avec qui vous pensez) que l'histoire nous servait sur un plateau l'occasion de racheter les fautes de la colonisation au moment où des centaines de milliers de réfugiés frappent à notre porte.

J'exprimerai cependant une voix opposée. La situation actuelle est inédite. Même si la pression migratoire s'est relâchée depuis 2015, il faut s'attendre à ce qu'elle remonte sous l'effet de deux facteurs, la pression démographique et le réchauffement climatique auxquels il faut maintenant ajouter le djihad. La question ne serait plus dès lors d'accueillir des milliers mais des millions, voire des dizaines de millions de jeunes gens, voire des ... L'histoire démentira peut-être ce que certains appellent déjà un désastre annoncé, mais nul ne se trouve en position d'affirmer que c'est un fantasme de droite, que la France en a vu d'autres et qu'aucun phénomène de boule de neige ne se prépare, si cette métaphore peut être utilisée au sujet de l'Afrique. Nous recevons trop d'échos de tant de garçons du Caire, de Tunis, d'Alger ou de Tanger qui n'attendent que l'occasion se sauter dans un bateau pour fuir l'avenir colmaté qui les désespère au pays.

Mais les plus nombreux viendront d'Afrique subsaharienne où le taux de fécondité est de 4, 75 enfants par femme. L'Afrique du nord et l'Afrique australe auront bientôt terminé leur transition démographique mais l'Afrique centrale (Congo, Angola, Mozambique, Burundi, Ouganda) sont à plus de 5 enfants par femme ainsi que les États du Sahel, Burkina, Nigéria, Tchad, Mali, Somalie, Niger (record mondial : 7, 15) qui intéressent particulièrement la France car les États sahéliens sont majoritairement d'anciennes colonies françaises où on parle français et où on choisira spontanément la France comme Eldorado. Les réfugiés, c'est l'affaire intime du couple France / Sahel.

Mon billet du 28 mars, Emmanuel Macron et le Sahel, traitait de l'aide au développement de la France au Sahel.





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