L'art sénégalais de la conciliation


Je rapporterai trois paroles qui témoignent de l’humour sénégalais et d’un art tout macronien de chercher la conciliation au lieu d’aller au conflit. Le Sénégal est peut-être le seul pays d’Afrique à n’avoir pas connu de violences politiques ni religieuses depuis son indépendance en 1960. Cela est dû à l’art du disoo consistant à engager des discussions jusqu’à l’adoption d’une solution acceptable par tous.


Le première parole revient à Lamine Guèye, député à l’Assemblée nationale, à qui de Gaulle disait en 1858 sur un ton un peu ironique : « Voyons Lamine Guèye vous êtes aussi bon Français que moi ! » « De plus ancienne date en tout cas, répondit Lamine Guèye, car moi, je le suis depuis Louis XIII (fondation de Saint-Louis), tandis que vous, mon général, qui êtes né à Lille, vous ne l’êtes que depuis la paix de Flandre (1678). »


On connaît le mot de de Gaulle la même année 58 : « Si vous voulez l’indépendance, prenez-la. » Senghor le prit au mot et lui dit devant l’Assemblée fédérale du Mali : « En ce moment, nous réclamons l’indépendance, mais, nous vous le demandons, restez chez nous car il se fait tard. » Ému par cette parole biblique, dit Christian Saglio (Sénégal, Grandvaux, 2013), le général confirma son accord à l’indépendance de la fédération du Mali regroupant le Soudan et le Sénégal.


La troisième anecdote se situe après le discours de Nicolas Sarkozy évoqué dans mon billet d’avant-hier, en pleine Université Cheich Anta Diop, ce grand promoteur de la culture africaine, discours peu flatteur pour l’amour-propre sénégalais. Le chef de l’État Abdoulaye Wade estima qu’« il arrive qu’un président soit victime de son nègre », en visant Henri Guaino qui avait rédigé le discours.


Photos : retour de la pêche à Dakar et rue de Saint-Louis.

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