La rencontre manquée de de Gaulle et des intellectuels


Ce billet fera suite à celui du 7 mars consacré à la Résistance de de Gaulle contre Hitler avec lequel l’extrême droite et l’extrême gauche collaboraient en 1940. Je vous invite, cher lecteur bien patriote, à regarder comme moi sur google la vidéo montrant l'homme du 18 juin 1940 victorieux, remontant les Champs Élysées le 26 juin 45, acclamé par deux millions de Parisiens enthousiastes.

Malgré sa dette envers la geste gaullienne, l’intellingentsia française lui resta hostile en toute ingratitude. Je m'arrêterai sur trois temps : la Libération, la guerre d’Algérie, Mai 68.

« La rencontre de de Gaulle avec les intellectuels a été manquée », note Claire Andrieu qui remarque pourtant que le centre de gravité du gaullisme de guerre se situait à gauche : les nationalisations, les Comités d’entreprise, le Plan, la Sécurité sociale, faisaient de la France le pays d'Europe où l'État-Providence était le plus développé. Mais dans le contexte de la guerre froide, les communistes ne pardonnèrent pas à de Gaulle d’être antisoviétique bien qu’il fût aussi antiaméricain.

La guerre d’Algérie n’arrangea rien bien que (ou parce que ?) Gaulle eût mis un terme à la colonisation de l’Algérie que la gauche avait été incapable de régler. On l’accusa de bonapartisme, ce qui fait sourire quand le grief venait de ceux qui excusaient la tyrannie stalinienne. La suite de l’histoire a montré que de Gaulle n’a jamais porté la main sur la démocratie mais le soupçon demeura. La sortie de l’OTAN et le discours de Phnom Penh n’y changèrent rien. La haine de l’extrême droite envers de Gaulle est dans l’ordre des choses mais le ressentiment de l’extrême gauche attend toujours son procès en révision.

Mai 68 provoqua la sortie du général. Il est entendu que le héros de deux guerres mondiales n’a pas compris la jeunesse dont il était séparé par deux générations. La réciproque est encore plus vraie. Le poids du marxisme-léninisme était encore très lourd en mai 68 sous les trois espèces soviétique, trotskiste et maoïste, mais la gauche libertaire qui se levait était encore plus radicale. Michel Foucault en est la figure emblématique, lui dont l’indignation contre la république gaulliste ne permettait d'établir aucune nuance avec les régimes totalitaires d’alors en URSS (qu'il condamnait) et en Chine (qu'il admirait), j'y reviendrai.





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