Jésus psychanalyste


Jésus n’a jamais dit que le pénis était le privilège des mâles, que les mâles vivaient dans la hantise d’une castration paternelle et que les femmes n’avaient d’autre solution pour compenser leur manque ontologique que de mettre au monde un enfant, ce substitut du pénis qui leur manque. Je ne crois pas que Jésus ait péché par fausse pudibonderie, lui qui fréquentait les belles prostituées comme Marie-Madeleine et qui releva la femme adultère que les Pharisiens voulaient lapider. C’est plutôt, à mon avis, qu’il avait d’autres principes de psychanalyse, je veux dire d’analyse des passions.

L’originalité de Jésus par différence avec les systèmes de réglementation contenus dans la Thora ou dans le Coran, c'est de mettre l’homme face à lui-même, de le faire entrer dans une méditation psycho-éthique visant au blocage du cercle du ressentiment, de l’accusation, de l’agression, de la raideur morale (la femme adultère), de le faire accéder à l’introspection (la paille et la poutre), de la résistance au tourbillon de la violence. Les paraboles du fils prodigue et des ouvriers de la onzième heure invitent à s’affranchir d’une justice pointilleuse dictée par l’envie et la jalousie, ces maladies de l’amour-propre. La disculpation de soi et l’inculpation d’autrui n’apparaissent plus comme une force mais comme une faiblesse. La conscience est invitée à s’ouvrir en abandonnant ses contentieux et ses ruminations auto-justificatives. Bien entendu, l'inconscient résiste de toutes ses forces.

Je faisais l’éloge du bouddhisme le 16 janvier. L’Évangile est aussi une mine en matière psychologique. « Il existe une communication entre les temples », aimait à dire Pierre Leroux. Je ne sais si Jésus a fait un périple en Inde ou s’il a rencontré des missionnaires bouddhistes. Je crois surtout qu’il a très bien pu découvrir par lui-même ce que Bouddha ou Lao Tseu avaient déjà trouvé et que Rousseau, Paul Diel et, à la vérité, toutes les personnes personnes assez éclairées redécouvriront par leurs propres voies.


Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Inconscient ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. (Luc, 6, versets 41 à 452)

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