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Nouvelles métaphores

January 11, 2018

 

Il me semble que Proust a raison de placer la métaphore en tête de ce qui fait la beauté d'une écriture. Lui-même en est le prince et je me réserve de vous proposer, cher lecteur, un billet contenant un choix de métaphores proustiennes, comme je l'ai fait le 9 août avec Lawrence Durrell. Mais voici, d'ors et déjà, une nouvelle récolte hétéroclite :

 

On peut bien considérer que l’ironie relève d’une délicate pudeur. Mais cela revient à exhiber une part de soi-même (son esprit) pour en cacher une autre (son cœur). Pour cacher leurs jambes, il arrive que des femmes tirent à ce point sur leur robe qu’elles découvrent leurs seins.

             (Vincent Delecroix, Petit éloge de l’ironie, Gallimard, 2010, p. 11)

 

Les plus échevelés des romantiques, dans toutes leurs cabrioles, n’ont pas cassé la corde qui les attachait au passé ; ils n’ont pu que gambader autour du piquet.   

     (Gustave Lanson,  Le Centenaire des Méditations, 1920, Peyre, p. 421)

 

La manière de Montaigne, c’est le pointillé, un amas de petits traits qui s’harmonisent à distance en une forme souple, palpitante de vie.            (Gustave Lanson, Histoire de la littérature française, Hachette, 1895, p.  322)

 

Elle était maquillée comme une voiture volée

                                                         (Emmanuel Carrère, Limonov, p. 233)

 

Elle était belle comme un péché mortel. (Gabriel Garcia Marquez)

 

Je vais tenter maintenant moi-même une métaphore.

 

J'ai fait la semaine dernière une promenade sur la plage Napoléon à Port-Saint-Louis-du-Rhône. La mer avait été grosse pendant la nuit et le vent d'Est encore violent avait sculpté le sable humide, arrêté par chaque débri solide, coquillage, bois ou plastique, dessinant des volumes aussi fantaisistes que nécessaires. L'onomastique explique une autre érosion, celle des noms celtes ou latins, qui aboutit à la formation de noms insolites et mystérieux comme, à Marseille, Plan-de-Cuques ou Port-de-Bouc, Allauch ou Menpenti.

 

PS : Le nom de Menpenti (avec l'accent de Fernand Botti, si possible) m'a toujours intrigué. Wikipedia vient de m'apprendre qu'il ne s'agit pas d'un phénomène d'érosion mais de la devise inscrite au fronton d'une bastide aujourd'hui disparue : Marchi toujou, e jamai m'en penti, Je marche toujours et jamais je ne m'en repens. Mais pourquoi la négation a-t-elle disparu ? Quelle repentance pour quelle faute commise dans ce quartier ? Rêverie proustienne sur les nom de lieux...

 

 

 

 

 

 

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