Une bonne matinée


Vous vous réjouirez certainement, cher lecteur, de savoir que j'ai passé hier une bonne matinée. Toyota a fait preuve d'un beau professionnalisme en lançant une campagne de rappel de certaines séries de ses véhicules dont la ceinture de sécurité risquait de s'user au contact d'une pièce métallique. J'avais donc rendez-vous chez mon concessionnaire pour faire disposer une protection spéciale. Les personnes de l'accueil et de l'atelier ont été d'une courtoisie, je dirais même d'une gentillesse, parfaite(s). Ils m'ont demandé si je mettrais une bonne note à l'enquête de satisfaction. Je leur ai promis la note maximum en me disant que cette pratique commerciale avait une vertu pédagogique évidente et que les relations personnel/client avaient vraiment gagné en cordialité dans notre région, pour le bien être de tous.

Une heure d'attente, quelle aubaine ! J'avais repéré la terrasse ensoleillée d'un bistrot sur le trottoir du boulevard de Pont de Vivaux. J'ai commandé un café. Les tables en mauvais plastique étaient branlantes mais la patronne me servait du Cher monsieur et, bien sûr, je lui répondais de même. Mes deux voisins ne demandaient qu'à me raconter leur vie. Deux retraités de la marine, l'un soudeur algérien, l'autre électricien malgache. Musulmans tous les deux, ils ont tenu à stigmatiser le meurtre des deux pauvres cousines poignardées dimanche, gare Saint-Charles.

À leur départ, j'ai eu deux bonheurs de lecture dans le Cahier du Monde "L'Époque" du 1er-2 octobre (ils sont sur internet). Tout ce que j'ai fait n'a servi à rien dit amèrement Henri Guaino après ses déboires politiques, mais, non sans quelque cruauté, Laurent Relo fait notre délice en relatant son entretien avec la plume de Nicolas Sarkozy autour d'un Dirty Talk. La recette de ce cocktail est donnée dans l'article mais j'ai trouvé tout autre chose en voulant vérifier sur google...

Deux citations :


1- Le découragement de Henri Guaino le pousse à citer Bernanos en plein apéro : " L'optimiste est un imbécile heureux. L'espérance est une vertu. Mais c'est une vertu héroïque."


En plein apéro est excellent !


2- À la fin, il faisait du bruit avec sa paille parce que son cocktail était fini, mais lui n'en avait pas fini : " Macron s'est complètement raté. Son analyse était bonne, la société a besoin de verticalité. Mais ce n'est pas en criant qu'on est Jupiter qu'on monte au sommet de l'Olympe."


Le coup de la paille est excellent aussi et vous avez dû siroter comme moi le lui n'en avait pas fini.

Autre plaisir, l'idylle de Rolande et Claude racontée par Stefania Rousselle sous le titre Il a une petite gueule que j'aime. Rolande, 73 ans, femme de ménage, est venue au secours de Claude, 78 ans, ancien livreur laitier, qui se trouvait seul et triste. Elle l'a invité chez elle :


J'ai dit à Sophie : " On va changer les draps et puis on va mettre des draps de satin". J'en ai des bleus et des roses. C'est les roses que j'ai mis. Il est venu. On a fait l'amour tous les deux. Ça s'est très bien passé. Il a une petite gueule que j'aime. Et je me suis dit : "Ma foi, je le garde. [...] Il n'a pas toujours été heureux. Et moi, je veux le rendre heureux."


Beaucoup de bonheur à Rolande et Claude !

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