2/3 choses que je sais de l’Ukraine



Je tiens ma science d’un passionnant interview de Gérard Chaliand, vous savez, le spécialiste des conflits. On peut l’écouter en ligne.

- La guerre froide n’a pas fini en 1991. Elle se réchauffe.

- La guerre d’Ukraine accentue la division du monde en deux blocs : Russie-Chine / Europe-États-Unis et les Américains sont nos alliés, que ça nous plaise ou non.

- Mais les États-Unis sont en état de guerre civile froide. Gare aux prochaines élections... Pourvu que ça ne se réchauffe pas…

- En 91, l’OTAN toute gaillarde n’a pas tenu compte de la difficulté des Russes à vivre la fin de leur empire. Sans l’Ukraine, la Russie devient un État moyen. On l’a jetée dans les bras des Chinois.

- Les E-U ont plus de cent bases militaires dans le monde. La Chine en a 3. D’où un complexe obsidional auquel elle remédie avec succès par la route de la soie, par une diplomatie intrusive en Afrique et en Amérique du Sud, par de l’entrisme dans tous les bureaux de l’ONU.

- Le terrorisme islamique ne compte guère car les pays qui le nourrissent sont incapables économiquement. L’Afghanistan en donne la preuve.


L’identité ukrainienne est difficile à définir pour moi. 1) Pays slave sans doute mais ça veut dire quoi au juste ? 2) L’ukrainien et le russe, langues proches, sont entremêlées du fait de la séculaire occupation de l’Ukraine par l’empire russe. 3) Religion orthodoxe majoritaire (Kiev/Moscou). De toute façon, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas discutable. C’est comme l’Alsace que l’Allemagne revendiquait parce que germanophone mais qui était viscéralement française…


- Poutine, dit enfin GC, ne lâchera jamais le Donbass : l’autre Vladimir ferait mieux de négocier avec lui et de lui abandonner 10 % du territoire ukrainien. Jusqu’à quand l’opinion, française et autre, supportera-t-elle, pour ces 10 %, de soutenir une guerre qui menace le monde pour des raisons majeures, nucléaires et inflationnistes ?

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